Vendredi 24 mars 2006
- Par Le morse des mers - Publié dans : Le coin du troglodyte
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Pour fêter la première semaine d'existence de ce site, j'ai décidé de ne pas mettre d'article aujourd'hui !

Bon je sais, c'est surtout un manque de temps et un jour de retard sur mes mises à jour qui me font m'octroyer ce jour de repos (trois fois le mot "jour" dans cette phrase... enfin quatre à présent). ;)

 

Un petit bilan de la semaine en guise de remplissage :

 

L'article de bienvenue où je vous présente les différentes pièces de ma caverne. A ce propos, j'ai décider de vous montrer un nouveau recoin de mon antre : le mur à hiéroglyphes, qui accueillera mes analyses de tags et autres inscriptions.

 

Du coup, l'article Fuck your Major change de rubrique. Vous avez été très perspicaces dans vos analyses : entre la panne du correcteur orthographique, les rebelles italiens, le tagueur schyzophrène et le beau blaireau, toutes les interprétations sont plausibles.

 

L'article sur les jeux CPC a eu beaucoup de succès, j'espère que la partie technique en a quand même interressé quelques uns ;)

 

Vous pouvez également jeter un oeil aux comptes rendus de concert pour peu que vous vous interressiez à Thiéfaine ou aux Têtes Raides... ou tout simplement par simple curiosité.

 

Enfin, vous pouvez consulter mes impressions sur un film monumental : Enfermés Dehors d'Albert Dupontel.

 

Voilà, à plus tard ;)

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Jeudi 23 mars 2006
- Par Le morse des mers - Publié dans : La cavité sonore
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Hubert Félix Thiéfaine est un artiste assez atypique de la scène française. Avec plus de trente années de carrière au compteur, l'homme n'a pas changé d'un poil et reste fidèle à son image en traversant toutes les modes sans jamais s'y laisser prendre.

La communauté de fans a toujours été constante et le chanteur n'a pour ainsi dire jamais eu de passages à vide dans sa carrière, enchaînant albums et tournées sans perturbation.

J'oserais même la comparaison avec Frank Michael, le chanteur de variétés qui fait vibrer les mamies, qui réussit l'exploit de remplir les salles et d'accumuler les disques d'or sans aucun écho dans les médias.


HFT vs. Frank Michael même combat ?

C'est dans le cadre de la tournée Suicide HFT Tour faisant suite au dernier album Scandale Mélancolique,  que Thiéfaine répondait présent à Villeurbanne au sein d'un Transbordeur bourré à bloc.
En guise d'amuse-gueule, une première partie déroutante : un chanteur debout et ses deux guitaristes assis sur un tabouret. L'artiste, nous marmonne son nom "Je m'appelle Edouard Demmmblblblbion et on va faire des chansons"... après vérification il s'agit d'Edouard Desyon dont le futur album, L'Essentiel (est dans Lactel ?), sort prochainement. Ce set accoustique fut sympathique mais beaucoup trop court (à peine vingt minutes pour cinq ou six morceaux), Edouard excellant dans l'écartement de bras en croix et le recoiffage de la mèche de cheveux, n’en est pas moins assez doué au chant et à l'écriture.

Edouard Desyon, beau gosse malgré lui ?

Quelques minutes plus tard, la lumière s'éclipse, de nouveaux musiciens prennent place sur la scène, et entame une introduction lente et dissonante. Un couplet venu de nulle part se fait entendre :

Valium, Tranxène, Nembutal, yogourts, acides
Fais-moi une place dans ton linceul
Quand y en a pour un y en a pour deux
Fais-moi une place dans ton linceul
Pour un coup de dents j't'arrache les yeux

La voix est bien connue des gens présents dans la salle, cela ne fait aucun doute : il s'agit bien d'Hubert Félix Thiéfaine ! En même temps, rien d'étonnant, c'est ce qui est programmé ce soir au Transbordeur.

S'enchaîne à cette Scène de Panique Tranquille un Cabaret Saint Lilith donnant le ton de la soirée qui sera sous le signe du rock. Le suite des festivité est tout aussi frénétique avec un zeste de When Maurice Meets Alice (en hommage aux parents du chanteur), une pincée de Soleil Cherche Futur en passant par une saucée de Quand la Banlieue Descendra sur la Ville et une claquée de Comme un Chien dans un Cimetière. L'instrumentation dynamique donne une couleur toute nouvelle à la plupart des morceaux, en totale opposition avec la précédente tournée en solitaire de l'artiste, plus intimiste. D'ailleurs contrairement à cette dernière où Hubert assumait instrumentation et chant sur scène, ce soir il délègue la partie musicale à ses quatre accolytes (guitare, basse, clavier, batterie), ce qui lui permet une meilleure aisance sur scène. Car Thiéfaine ne chante pas ses chansons, il les vit, tel un comédien habité par un rôle.

Il ne prendra la guitare que lors du premier rappel au cours duquel il apparait seul pour interpréter un morceau non prévu au programme mais abondemment réclamé par les internautes : L'Etranger dans la Glace. Au terme de cette interlude accoustique, les musiciens regagnent de nouveau leur poste pour continuer la transe électrique avec l'exploration des Mathématiques Souterraines et une visite des Gynécées.


Au terme d'un second rappel et de deux heures de bonheur, durant lesquelles le Saint Hubert n'a pas oublié ses classiques comme Loreleil Sebasto Cha ou encore Les Dingues et les Paumés, le tour de chant se termine avec les versions transcendantes d'Aligator 427 et de Narcisse 81, dont les dernières notes marqueront la sortie définitive de l'auteur/compositeur/interprète le plus célèbre de l'anti-variété, sans strass ni paillettes mais sous les applaudissements d'un public concquis.

Voici les autres morceaux joués, non cités dans le compte rendu ci-dessus : Autoroutes Jeudi d'Automne, Confessions d'un Never Been, Sweet Amanite Phalloïde QueenScandale Mélancolique, Psychanalyse du Singe, Le Jeu de la Folie, Bipède à Station Verticale, Rock Autopsie, Première Descente aux Enfers par la Face Nord et Télégramme 2003.

La soirée permit également d'apprendre que M. Thiéfaine comptait se présenter aux élections présidentielles de 2007 pour le parti Solitude et Mélancolie (info ou intox ?) .

Si vous hésitez le jour du scrutin, vous savez pour qui voter ;)


Un grand merci à Thanos pour m'avoir ressorti la playlist de tête :)
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Mercredi 22 mars 2006
- Par Le morse des mers - Publié dans : Le trou du culte
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Enfermés Dehors, le prochain film d'Albert Dupontel est un véritable événement pour ma part. En effet, appréciant particulièrement le bonhomme depuis ses débuts sur scène, l'attente (huit ans !) depuis Le Créateur, sa précédente réalisation, fut sévèrement éprouvante. Si bien que lorsque la possibilité m'est offerte d'assister à une avant-première en présence de l'auteur, 15 jours avant sa sortie officielle, je ne réfléchis pas une seconde !
Me voici donc en ce mardi 21 mars 2006, à l'UGC Ciné Cité de Lyon, aux premières loges pour assister au film que j'attends depuis des années.


Il y a donc à la base de fortes probabilités de déception, mais je reste confiant.

D'autant plus que le synopsis semble particulièrement alléchant :

Un SDF trouve un uniforme de police et va s'en servir pour manger à la cantine, puis va prendre conscience du respect qu'il impose dans sa nouvelle tenue et du pouvoir qu'il peut exploiter : à des fins humanitaires visant à améliorer le quotidien de ses compagnons de galère mais également pour lui permettre de séduire la femme de ses rêves, tout d'abord fantasme sur une affiche publicitaire pour téléphone rose, puis en chair et en os lorsque notre héros la croise au poste de police.

Le film commence... assez bizarrement je dois dire. Les premières minutes m'ont un peu déroutées par la quasi-absence de dialogues chez le personnage campé par Dupontel. Ce détail ne manqua pas de m'inquiéter légèrement pour la suite du métrage, surtout en me remémorant les monologues mythiques de Bernie et du Créateur.
Mais dès lors que le personnage revêt l'uniforme, (c'est à dire très tôt dans le film) il va commencer à s'exprimer fréquemment pour le plus grand bonheur de tous, son statut apparent lui permettant de s'affirmer enfin, lui qui évoluait jusqu'alors dans l'indifférence de tous.
Bien entendu, notre homme va se mettre dans des situations aussi rocambolesques qu'invraisemblables, s'enchaînant à un rythme frénétique. Le personnage nous renvoie à Bernie de part sa naïveté et sa folie, mais également à d'autres univers comme ceux de Chaplin, de Keaton et de Tex Avery pour le côté visuel (quand Dupontel affirme que son film est un "cartoon social", le terme est loin d'être galvaudé).


Le tout donne un excellent patchwork organisé et réglé au millimètre près enchaînant humour et action à travers des scènes hilarantes (Hard Trapèze 2, la reconstitution du commissariat dans le squat, les shoots à la colle provoquant des hallucinations délirantes et autres running gags que je vous laisse découvrir) et un héros aussi solide que Vil Coyote (on ne compte plus les chutes, les poteaux ou les murs pris de plein fouet et autre armoire métallique ayant la facheuse tendance à lui tomber sur la tronche).
Les autres acteurs s'en donne également à coeur joie : Claude Perron tentant de récupérer sa fille des griffes de ses beaux-parents (Hélène Vincent et Roland Bertin) à qui il manque visiblement quelques neurones, Nicolas Marié et Philippe Uchan en banquiers sans scrupules en affaire avec Gilles Gaston-Dreyfus, s'exprimant de son lit d'hôpital avec les bips de son électrocardiogramme, Yolande Moreau et Bruno Lochet en SDF, ainsi que les caméos de Gustave Kervern et Jackie Berroyer et une apparition monthypythonesque de Terry Gilliam et Terry Jones.
Le tout est transcendé par le score de Noir Désir (le groupe avait déjà travaillé sur Bernie) et par la mise en scène de l'ami Albert, qui nous démontre une fois de plus son amour pour la caméra en non balançant des plans de dingues et assez inédits dans le domaine de la comédie.

Le générique de fin terminé, Albert Dupontel, accompagné de la délicieuse Claude Perron et de Philippe Uchan, ont été accueillis sous les acclamations du public lyonnais et se sont prêtés au jeu des questions réponses.
On a donc appris que le projet devait initialement se monter aux Etats-Unis, avec des producteurs et des comédiens américains, que le titre du film n'est en aucun cas une référence à une réplique de La Haine de Mathieu Kassovitz, que M. Dupontel a assumé la totalité des cascades, que son prochain projet est d'hors et déjà en cours d'écriture et autres anecdotes autour du film.


Albert Dupontel, Claude Perron et Philippe Uchan


Bref, beaucoup moins trash et pessimiste que les deux premiers opus de Dupontel (comédies noires dans lesquelles, on suit la descente aux enfers du héros, jusqu'à atteindre un point de non-retour), Enfermés Dehors est une oeuvre brillante et probablement un tournant dans la carrière de metteur en scène de l'acteur (personnellement cela faisait des années que je n'avais pas ri aux éclats dans une salle obscure). Espérons que le public suive et que le film fasse une carrière honorable... en tout cas j'y retournerai à coup sur le 5 avril !

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Mardi 21 mars 2006
- Par Le morse des mers - Publié dans : Le mur à hiéroglyphes
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Je ne me lasse jamais de toutes ces inscriptions taguées sur les murs, gravées sur les tables de la fac, griffonnées sur les portes des toilettes publiques, etc.
Pour peu que j’en croise une et que j’ai un appareil photo sur moi, je l’immortalise.
Régulièrement, je me prêterai donc au jeu de l’analyse de ces messages souvent personnels et ésotériques.
Je commence par un tag se trouvant depuis plus de deux ans dans la rue où j’habite.

Décortication en trois parties :

Vous remarquerez déjà le style semi-pro où se superposent des lettres épaisses aux contours noirs. Deux solutions : soit l’auteur de cette œuvre ne possédait qu’une seule bombe de peinture, soit il n’a pas eu le temps de la mettre en couleur.

En ce qui concerne le fond, je ne pense pas qu’il faille prendre le message au sens propre (la suite confirmera ma pensée), c’est à dire une invitation à se rapprocher de M. le Maire avec des arrières-pensées allant bien plus loin que la simple amitié.
Non rien de tel. Cela vous surprendra peut-être, mais il semble qu’un très grand mécontentement est ici exprimé. Mécontentement tout à fait compréhensible pour les personnes connaissant notre Maire adoré (au pouvoir depuis près de 25 ans) et ses dérapages passés, présents et éventuellement futurs même si je vous avoue que c’est mal partit pour un prochain mandat, le tribunal lui ayant prononcé récemment une privation des droits civiques pour les trois prochaines années.

Suite du message :


Ici, les deux premiers mots correspondent bien au style du début de la phrase mais la suite bascule dans une écriture plus classique, sans effets de style.
Le tagueur voudrait-il brouiller les pistes ? Est-il assisté par un complice ? Mystère… d’autant plus que l’emploi du démonstratif là où la logique voudrait un possessif est peut-être de nature volontaire. Tout comme les deux fautes d’orthographes sur le mot "OPPINION" : non accordé au pluriel et comptant un P en trop.
Comme je pars toujours du principe qu’il ne faut jamais sous-estimer un tagueur, je pense qu’il s’agit là d’un message à double sens à destination d’un obscur réseau de révolutionnaires communistes (courant politique choisit arbitrairement) préparant un coup d’état… enfin un coup municipal.

Difficile donc pour nous, simple quidam, de découvrir le vrai sens de ce message.

La fin est encore plus déroutante : 


Le style du début est de nouveau de mise, comme pour accentuer l’agressivité du message… sauf pour la lettre P. Est-ce une référence au P en trop sur la partie précédente ?

De plus, si on assimile la phrase dans son ensemble, on est en droit de se demander si la progéniture d’une péripatéticienne a forcément des opinions douteuses.


Idée reçue quand tu nous tiens…

J’attends vos analyses sur l’un des nombreux mystères de ma rue…

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Lundi 20 mars 2006
- Par Le morse des mers - Publié dans : La cavité sonore
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L'obscurité envahit la salle, les premières notes de Fragile résonnent comme une délivrance à l'issu d'une rude semaine de labeur : bienvenue dans l'univers enivrant des Têtes Raides.

Une sorte d'aura recouvrira les planches du Transbordeur (Villeurbanne, 69) durant plus de deux heures. Les barrières sont absentes, amenant le public à se blottir devant la scène pour une fusion totale avec le groupe vers un nouvel âge réminescent.
La Grande Communion peut commencer...

Seule une moitié du groupe est réunie pour l'entame d'un concert pas comme les autres : guitare/basse/batterie/chant pour un morceau électrique et viscéral à l'issu duquel le reste de la troupe vient dessiner une texture accoustique et cuivrée à la suite des opérations. A partir de là, j'ai complétement plongé dans une sorte de spirale (in)temporelle et il m'est donc impossible de remettre les pièces dans le bonne ordre. Je me souviens d'un Houba emportant la foule, d'une Oraison à deux doigts de faire perdre la raison, et surtout de Je voudrais pas crever, texte de Boris Vian à la sauce reggae/ska/punk, un des morceaux les plus transcendants de la dernière galette en date.

Je voudrais pas crever
Avant d'avoir goûté
La saveur de la mort...

Dernière galette d'ailleurs engloutie sans concession durant la soirée vu que pratiquement tous les titres y sont passés : du Raccourci que jamais je ne trouverai à la force de De Kracht en passant par un Constipé qui nous étonne d'être si monotone et un Latuvu toujours aussi délirant malgré l'absence de Rachid Taha et de Didier Wampas.
Le dissonant Lové-moi interpelle les dernières parcelles de mon cerveau encore conscients que la vie continue toujours et que le monde ne s'est pas arrêté dehors.

Nos corps s'entrechoquent
Dans des électrochocs
Quand crissent sous nos pieds
Les neiges écartelées
Ecartelées


Les bijoux de la cuvée Fragile furent bien entendu entrecoupés de classiques incontournables entre un Gino soulevant la foule et une Ginette l'entraînant dans une douce valse au rythme de l'ampoule se balançant au dessus de nos têtes (encore et toujours raides), pas le temps de s'exclamer Qu'est-ce qu'on s'fait chier... le groupe s'en charge pour nous, puis nous transporte à St Vincent et dans d'autres contrées des plus splendides.

Gino ne savait pas
Que d'aimer
Ca tue les oiseaux


Christian est assité au chant sur Patalo par quatre bambins dans les 7-8 ans, intimidés par le millier de pélerins en transe, pour un moment touchant de tendresse procurant une palette d'émotions à laquelle on est rarement confrontée face à une communion live.

Du sang pour cracher des mots
D'la voix pour gueuler plus haut
Des fleurs pour t'aimer bientôt
Du ciel pour les animaux

Avec une cohérence implacable et des enchainements coulant de source (le passage de la guitare à l'accordéon se faisant le plus naturellement du monde chez M. Olivier), le groupe achève vaille que vaille le spectacle par un bouquet final à travers l'Iditenté, introduit par Georgia, un poème de Philippe Soupault .

On m'a donné un bout de rien
J'en ai fait cent mille chemins
J'en ai fait cent
J'en ai fait un

Allons enfants de la patrie, le jour de gloire est périmé et les Têtes Raides s'éclipsent nous laissant remonter à la surface, retrouver nos sens, puis nos esprits. L'étandard chantant est levé...

... Je savais que je n'aurais pas du manger ces Figolus périmés depuis 5 ans...

C'est fragile, quand tu ne dis qu'un mot
C'est fragile, les ailes des oiseaux
C'est fragile, on est rien qu'une fois
C'est fragile, ça claque entre les doigts
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Dimanche 19 mars 2006
- Par Le morse des mers - Publié dans : La cave vidéoludique
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La suite de mon aventure spirituelle avec l'Amstrad CPC 464 : il fallait bien un article entier consacré aux jeux vu le nombre impressionnant de titres disponibles sur la machine.


Let's play !

Avant de vouer corps et âme à la marque au crocodile, le jeu vidéo se limitait pour moi aux bornes d'arcades et aux consoles de salon avec Pong et autres jeu à base de barres blanches et de carrés blancs sur fond noir.
Puis, par miracle, les Amstrad CPC 464 ont commencé à pousser sur les bureaux de diverses personnes de mon entourage, ce qui m'a permis de tâter la bête avant d'en posséder une.
D'après mes souvenirs, je fit mon baptême du feu avec Barbarian, qui comme son nom l'indique ne faisait pas dans la dentelle : au programme, castagne et décapitation.
C'est donc durant l'été 1986 que je fus enfin propriétaire du Saint Graal de l'époque ! Mes premiers jeux se trouvaient dans une compilation Loriciel, éditeur français auteur du Mystère de Kikekenkoi entre autres, jeu d'aventure graphique qui fut le déclenchement de ma passion pour ce genre.



Le mystère de Kikekankoi

Mais revenons à la compilation, composée de trois jeux : Empire, un jeu de stratégie où l'on devait manoeuvrer les armées de Jules César, Tony Truand, une enquête policière menant à la reconstitution du portrait robot d'un caïd de la pègre à travers divers témoignages, et enfin, mon premier coup de coeur vidéoludique : L'Aigle d'Or !

Sur un concept aussi simple que ses graphismes et ses animations, L'Aigle d'Or nous livrait un jeu d'aventure très prenant. Le joueur incarne une sorte de chasseur de trésor ayant la lourde tâche de récupérer trois objets précieux cachés dans un immense château : le Diamant Bleu, le Livre Sacré et le fameux Aigle d'Or. Cela va s'en dire que le château est un véritable labyrinthe dont la plupart des pièces sont piégées. Il faut donc faire preuve de vigilence, de reflexion et découvrir les passages secrets afin de mener à bien la quête.

Par la suite, j'ai enchaîné des centaines de jeux, ces derniers étaient souvent vendus par compilation de 6, 10 voir 20 jeux, le tout pour un prix modique. C'est d'ailleurs là que l'on se rendait compte de l'utilité du compteur integré au lecteur cassette : indispensable lorsque plusieurs jeux se trouvaient sur la même face.
 
Le piratage était chose aisé et à la portée de tous (cassette audio oblige). Il suffisait de posséder un double lecteur cassette (chaîne hi-fi, poste et même deux magnétophones reliés)... la tentation vers le côté obscur était donc forte.


Arcade fourmillière


Parmi les incontournables, on trouve les adaptations de bornes d'arcade à succès : Arkanoid, Double Dragon, Bombjack, Ghost'n Goblins, Shinobi, Dragon Ninja, Outrun, Street Fighter, Gauntlet, Kung Fu Master, ...
Bien loin d'égaler le modèle, limitation technique oblige, chaque adaptation était néanmoins de correcte facture et procurait sa dose de fun et de convivialité. Le multi-joueur contribuait grandement à l'intérêt, bien que peu pratique (un joueur au joystick et l'autre au clavier, mais je crois qu'il existait des adaptateurs pour deux joysticks).


Lankhor, toujours plus fort

Mais les jeux d'arcades ne sont pas le plus gros atout de la ludothèque de l'Amstrad CPC. Pour découvrir les perles, il faut se tourner vers les oeuvres originales  spécifiques aux micros comme Le Manoir de Mortevieille, qui fut un des gros succès tous supports confondus : une véritable enquête policière sous la forme d'une interface "click 'n play" où les actions se lancent à partir d'un menu déroulant, (évolution du jeu d'aventure de type Le Mystère de Kikekankoi ou Jewels Of Babylon dans lesquels les instructions étaient saisies). Lucasfilms s'en inspirera et révolutionnera le genre avec Maniac Manson et son interface SCUMM, premier d'une longue lignée de jeux à succès point&click.

Le Manoir de Mortevieille

Le Manoir de Mortevieille présente une autre particularité : c'est le premier jeu incluant des voix digitalisées (oui oui, même pour la version CPC). Fort de ce succès, la société Lankhor développera une suite encore meilleure : Maupiti Island. Séquelle qui ne fut malheureusement pas éditée sur Amstrad CPC, alors en fin de vie et techniquement trop limité.


Une ludothèque de fennec !


Entre temps j'eu le plaisir de découvrir des jeux assez atypiques comme la série des Saboteur éditée par Durell, ancêtre des jeux d'infiltration, Impossamole, un jeu de plateforme mettant en scène la super-taupe Monty Mole, les célèbres Sorcery, Cauldron, Dragon's Lair, Le 5ème Axe, It's Knockout (une sorte de jeux sans frontière), les simulations automobile (Turbo Esprit, Crazy Car, Buggy, ...) les adaptations cinématographiques ou télévisuels comme The Rocky Horror Picture Show, Bride Of Frankeinstein, Short Cirtuit, Miami Vice, Street Hawk, Airwolf, ...

Le 5ème Axe


It's a kind of Magic Knight


Bref, il m'est impossible de citer l'intégralité de ma ludothèque. J'aurais l'occasion de chroniquer dans cette rubrique les jeux ayant marqués ma vie de gamer.
A noter que certains éditeurs bon marché étaient capable de pondre de petits bijoux. Je pense notamment à la saga du "Magic Knight" déclinée en quatre parties et éditée par Mastertronics.

Après un premier épisode très moyen, Finder Keeper, mélange de jeux de plateforme et de labyrinthe, la série explose avec Spellbound qui s'oriente vers le jeu d'aventure. Le héros évolue dans un château, y rencontre toutes sortes de personnages qu'il doit aider du mieux qu'il le peut. Une multitude d'objets parsemés dans le château où détenus par les personnages, l'aideront dans sa tâche, le but ultime étant de délivrer Gimbal le magicien, victime d'un sort. Une fois sa mission rempli, notre héros se trouve projeté des milliers d'années dans le futur, à bord d'une navette spatiale.

C'est ainsi que débute le troisième opus : Knight Tyme, basé sur le même principe et accessoirement mon épisode favori (le premier que j'ai découvert, sur l'écran monochrome d'un ami). Notre Magic Knight reussira finalement à rejoindre son époque mais suite à un problème technique, se retrouvera dédoublé. Dans Stormbringer, l'ultime opus, notre héros devra trouver un moyen de fusionner avec son clône (ne pouvant pas le tuer sans se tuer lui-même), ce dernier n'étant pas du genre coopératif, bien au contraire.


Le chant du cygne


Le CPC tira sa révérence au début des années 90 face à la concurrence de l'Amiga, de l'Atari ST et des PC qui commencèrent à proposer des jeux techniquement à la hauteur de leurs petits camarades (avant de monopoliser le marché de la micro-informatique ludique). L'échec de la GX-4000 (tentative de percer le marché de la console de salon) et l'émergence des consoles 16-bits (Megadrive, Super Nes, ...) ne donna aucun espoir de voir Amstrad persévérer dans ce domaine.
Cependant, la fin de carrière du CPC fut jonchée de softs de qualité, repoussant les limites techniques de la machine dans ses derniers retranchements. Prince of Persia, l'un des plus beaux jeux CPC, en est un bel exemple.


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Samedi 18 mars 2006
- Par Le morse des mers - Publié dans : La cave vidéoludique
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Il m'est impossible de ne pas consacrer un dossier sur l'origine de ma passion pour le jeu vidéo : l'Amstrad CPC.
Mais qu'est-ce que l'Amstrad CPC ? Pour les plus jeunes d'entre vous et les amnésiques, je vais ressortir ce bon vieux matos du fin fond de ma cave et vous montrer ce qu'il a dans le ventre (ou ce qu'il n'a pas, c'est selon).

Commençons par un bref historique.


Et le CPC fut !

En 1984, la société Amstrad (Alan Michael Sugar TRADing), commercialise un micro-ordinateur qui allait boulverser la face du monde informatique : le CPC 464. Composé d'un clavier faisant office d'unité centrale (avec lecteur de cassette et haut-parleur intégrés) et d'un écran (monochrome ou couleur), cette machine proposait au particulier un système micro-informatique bon marché et facile d'utilisation. En effet, les branchements étaient réduits au strict minimum (connexion clavier-moniteur et prise d'alimentation) et le démarrage se faisait instantanément sur une interface Basic à partir de laquelle il était possible de lancer une application contenue sur une cassette ou de saisir du code Basic afin de développer ses propres programmes. La machine est un succès en Europe et écrase totalement ses concurrents (MO5, TO7, MSX, ...).
un an plus tard, arrivent le CPC 664 et le CPC 6128, deux modèles munis d'un lecteur de disquette 3 pouces. Le premier, ne fit pas long feu face à son camarade de promotion et disparu rapidement. Le CPC 6128 devient vite une référence. Techniquement identique à son homologue à cassette, se démarque par ses 128k de RAM (contre 64k pour les modèles 464 et 664) et bien entendu son lecteur de disquette, synonyme de gain de temps considérable.
Vers la fin des années 80, sortiront les modèles CPC 464+ et CPC 6128+, capables de lire les cartouches de la console de salon GX-4000 apparut au même moment (qui fut un échec retentissant pour Amstrad).

Mais interressons-ici au CPC 464, machine sur laquelle j'ai fait mes premières armes.


Patience et incertitude...

Utiliser un CPC 464 à l'époque nécessitait des nerfs solides et une patience à tout épreuve car qui dit cassette dit chargement... chargement pouvant atteindre la demi-heure pour les softs les plus lourds. Pour certains, il fallait lancer un chargement à chaque niveau... et recharger le premier niveau en cas de "Game Over". Bien entendu, l'attente n'était pas le seul inconvénient car venait s'ajouter à cela un pourcentage plus ou moins important d'incertitude lié à la qualité de la bande magnétique (comme sur toute cassette qui se respecte, à tendance à s'user assez rapidement au fil des utilisations) et à l'hygiène de la tête de lecture (qu'il fallait nettoyer régulièrement).
De ce fait, il n'était pas rare d'avoir des sueurs froides en suivant l'évolution du chargement de son jeu favoris, rythmé par les fameux "biiiiip biiiiiiiip biiiiiip biiirrrrrrrrrrrr", dans l'attente d'un "Read Error B" surmontable (en rembobinant légèrement et en repassant le "biiiiiiiiip" récalcitrant) ou du "Read Error A" fatal.
Evidemment, la qualité était loin d'être proportionnelle au temps de chargement d'un jeu et il arrivait que les longues attentes ne fussent pas récompensées.
Il faut dire que malgré son succès, l'Amstrad CPC n'était pas à la pointe de la technologie et les graphismes étaient loin de rivaliser avec d'autres machines sur le marché et plus particulièrement les premières consoles 8 bits (NES et Master System).
Du coup, les éditeurs (parmi eux des enseignes prestigieuses comme CapCom, Konami, Ubi Soft, feu Ocean, ...) misaient sur le gameplay et l'originalité des jeux.



Le Basic pour tous

C'est également grâce à cette machine que j'ai appris les rudiments de la programmation à l'aide de l'interface Basic integrée.
Au début, je recopiais bêtement des exemples de programmes tirés du manuel d'utilisation et m'extasiais devant un simple "Bonjour Le morse des mers, comment vas-tu ?". Petit à petit, je me suis interressé à la signification de chaque instruction, puis je me suis atteler à des programmes plus complexes : une course de vaisseaux spatiaux, un jeu d'aventure graphique sans graphisme (!!!), un dictionnaire en ligne (je me suis arrêté à la lettre C, trop contraignant de saisir toutes les définitions du Larousse...), etc. Le tout était sauvegardé sur cassette audio. Bien entendu, n'utilisant qu'une poignée d'instructions, ces programmes étaient loin d'être optimisés et leur maintenance était laborieuse.
Un autre aspect interressant de la programmation Basic consistait à "cracker" certains jeux en développant un programme appelé "poke"... à nous les vies infinies, l'invincibilité et les choix des niveaux ! Certains magazines comme Joystick Hebdo (l'ancêtre hebdomadaire du mensuel Joystick), Tilt, Génération 4 ou Amstrad 100% proposaient aux lecteurs des pokes prêt à l'utilisation.
Il arrivait même que l'on puisse accéder au code source de certains jeu. Dans ce cas de figure, la tâche du crackeur n'était que plus aisée car il suffisait d'éditer les lignes correspondantes pour jouir, par exemple, d'un nombre de vie indécent.

Rendez-vous demain pour la suite du dossier





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Vendredi 17 mars 2006
- Par Le morse des mers - Publié dans : Le coin du troglodyte
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Bienvenue chez moi, comme dirait Florent Pagny !
Merci à toi, ami explorateur, d'avoir fait escale dans mon humble demeure.
Quoi ? Tes appareils de navigation se sont brouillés et tu ne sais pas exactement où tu te trouves ? Attends je vais te faire une petite visite des lieux.
Mais avant tout, les présentations.
Les scientifiques me nomment Odobenus Rosmarus, mais je suis plus connu sous le nom du morse des mers. Les temps sont durs mais j'ai la chance d'avoir un boulot honnête et stable, celui de creuseur de glace. En effet, j'ai les plus belles défenses de ma tribu, ce qui m'a permis de gravir rapidement les échelons pour obtenir ce poste tant convoité et je... bon ça va, ça va, je vais te dire où tu te trouves.

Tu es en plein milieu de l'Océan Arctique, au large du Groenland, pays où je suis né.


Le Groenland, ma terre natale

 

Je me suis récemment installé dans un petit coin paradisiaque, à quelques kilomètres de là, sur un charmant iceberg. Hein ? Oui oui, ce même iceberg que tu viens de percuter avec ton bateau pneumatique. Mais rassure-toi, la glace est solide, tu n'as rien abimé... comment ? Ton bateau ? Ah oui en effet, c'est facheux ! Je dois avoir un rouleau de sparadrap dans ma grotte, on va réparer tout ça et tu pourras repartir pépère. Allez viens entre...

 


Entrée de ma grotte au coeur de l'iceberg (crédit sur 30 ans quand même)

 

Donc nous y voilà. Nous nous tenons actuellement dans le coin du troglodyte, où l'on discute de sujets divers (et d'été aussi...).
Etant atteint de cinéphagie aigüe, j'ai consacré deux pièces au septième art : là sur la droite, se trouve le trou du culte, où je range tout mes chefs d'oeuvre. Pour les mauvais films, que je trouve néanmoins sympathiques et/ou drôles, il faut regarder ici, dans la cabine à nanars.

Quoi ? Oui bien sur que je reçois la télévision ici, je la regarde dans mon salon, sur cette paroi cathodique... bon par contre ils ne diffusent que des vieux programmes (il m'arrive de temps en temps de capter un truc récent mais c'est assez rare).

A gauche, une pièce insonorisée et pour cause, c'est la cavité sonore, c'est ici que j'écoute ma musique de barbare !

Lorsque j'ai besoin d'un peu de calme, je m'éclipse dans la bibliothèque à stalactites pour bouquiner un peu. Autrefois, j'avais ma chambre dans cette salle, mais être réveillé en sursaut par une chute de stalactites est une activité dont j'ai décidé de me passer.

 


Ils sont beaux mes stalactites n'est-ce pas ?

 

 

Enfin, pour me détendre, je descends à la cave vidéoludique dans laquelle je peux m'adonner à mes jeux vidéo favoris (encore une fois il y a une majorité de vieilleries)...

Voilà, pour le moment, je ne vois pas l'utilité de te faire visiter les autres pièces de mon antre, mais tu as déjà un aperçu de tout ce que tu pourras trouver chez moi. J'ignore si je pourrai mettre à jour mon domaine régulièrement car, la glace étant particulièrement dure cette année, mon boulot me prend pas mal de temps.

Bon, je vois que tu es pressé, tiens voici ton sparadrap et une pompe à vélo, reviens quand tu veux, tu connais le chemin à présent ;)

A bientôt, ma caverne te sera toujours ouverte (en même temps il n'y a pas de porte...).

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