Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Vas-Y Cherche !

Les Archives

20 mars 2006 1 20 /03 /mars /2006 23:52
L'obscurité envahit la salle, les premières notes de Fragile résonnent comme une délivrance à l'issu d'une rude semaine de labeur : bienvenue dans l'univers enivrant des Têtes Raides.

Une sorte d'aura recouvrira les planches du Transbordeur (Villeurbanne, 69) durant plus de deux heures. Les barrières sont absentes, amenant le public à se blottir devant la scène pour une fusion totale avec le groupe vers un nouvel âge réminescent.
La Grande Communion peut commencer...

Seule une moitié du groupe est réunie pour l'entame d'un concert pas comme les autres : guitare/basse/batterie/chant pour un morceau électrique et viscéral à l'issu duquel le reste de la troupe vient dessiner une texture accoustique et cuivrée à la suite des opérations. A partir de là, j'ai complétement plongé dans une sorte de spirale (in)temporelle et il m'est donc impossible de remettre les pièces dans le bonne ordre. Je me souviens d'un Houba emportant la foule, d'une Oraison à deux doigts de faire perdre la raison, et surtout de Je voudrais pas crever, texte de Boris Vian à la sauce reggae/ska/punk, un des morceaux les plus transcendants de la dernière galette en date.

Je voudrais pas crever
Avant d'avoir goûté
La saveur de la mort...

Dernière galette d'ailleurs engloutie sans concession durant la soirée vu que pratiquement tous les titres y sont passés : du Raccourci que jamais je ne trouverai à la force de De Kracht en passant par un Constipé qui nous étonne d'être si monotone et un Latuvu toujours aussi délirant malgré l'absence de Rachid Taha et de Didier Wampas.
Le dissonant Lové-moi interpelle les dernières parcelles de mon cerveau encore conscients que la vie continue toujours et que le monde ne s'est pas arrêté dehors.

Nos corps s'entrechoquent
Dans des électrochocs
Quand crissent sous nos pieds
Les neiges écartelées
Ecartelées


Les bijoux de la cuvée Fragile furent bien entendu entrecoupés de classiques incontournables entre un Gino soulevant la foule et une Ginette l'entraînant dans une douce valse au rythme de l'ampoule se balançant au dessus de nos têtes (encore et toujours raides), pas le temps de s'exclamer Qu'est-ce qu'on s'fait chier... le groupe s'en charge pour nous, puis nous transporte à St Vincent et dans d'autres contrées des plus splendides.

Gino ne savait pas
Que d'aimer
Ca tue les oiseaux


Christian est assité au chant sur Patalo par quatre bambins dans les 7-8 ans, intimidés par le millier de pélerins en transe, pour un moment touchant de tendresse procurant une palette d'émotions à laquelle on est rarement confrontée face à une communion live.

Du sang pour cracher des mots
D'la voix pour gueuler plus haut
Des fleurs pour t'aimer bientôt
Du ciel pour les animaux

Avec une cohérence implacable et des enchainements coulant de source (le passage de la guitare à l'accordéon se faisant le plus naturellement du monde chez M. Olivier), le groupe achève vaille que vaille le spectacle par un bouquet final à travers l'Iditenté, introduit par Georgia, un poème de Philippe Soupault .

On m'a donné un bout de rien
J'en ai fait cent mille chemins
J'en ai fait cent
J'en ai fait un

Allons enfants de la patrie, le jour de gloire est périmé et les Têtes Raides s'éclipsent nous laissant remonter à la surface, retrouver nos sens, puis nos esprits. L'étandard chantant est levé...

... Je savais que je n'aurais pas du manger ces Figolus périmés depuis 5 ans...

C'est fragile, quand tu ne dis qu'un mot
C'est fragile, les ailes des oiseaux
C'est fragile, on est rien qu'une fois
C'est fragile, ça claque entre les doigts

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Thanos 21/03/2006 10:39

je ne connais pas du tout les têtes raides, mais de ce que tu en dis, le concert avait l'air excellent !
J'espère que ça sera aussi bien pour Thiéfaine jeudi :D

Derniers Articles