Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Vas-Y Cherche !

Les Archives

22 mars 2006 3 22 /03 /mars /2006 17:59

Enfermés Dehors, le prochain film d'Albert Dupontel est un véritable événement pour ma part. En effet, appréciant particulièrement le bonhomme depuis ses débuts sur scène, l'attente (huit ans !) depuis Le Créateur, sa précédente réalisation, fut sévèrement éprouvante. Si bien que lorsque la possibilité m'est offerte d'assister à une avant-première en présence de l'auteur, 15 jours avant sa sortie officielle, je ne réfléchis pas une seconde !
Me voici donc en ce mardi 21 mars 2006, à l'UGC Ciné Cité de Lyon, aux premières loges pour assister au film que j'attends depuis des années.


Il y a donc à la base de fortes probabilités de déception, mais je reste confiant.

D'autant plus que le synopsis semble particulièrement alléchant :

Un SDF trouve un uniforme de police et va s'en servir pour manger à la cantine, puis va prendre conscience du respect qu'il impose dans sa nouvelle tenue et du pouvoir qu'il peut exploiter : à des fins humanitaires visant à améliorer le quotidien de ses compagnons de galère mais également pour lui permettre de séduire la femme de ses rêves, tout d'abord fantasme sur une affiche publicitaire pour téléphone rose, puis en chair et en os lorsque notre héros la croise au poste de police.

Le film commence... assez bizarrement je dois dire. Les premières minutes m'ont un peu déroutées par la quasi-absence de dialogues chez le personnage campé par Dupontel. Ce détail ne manqua pas de m'inquiéter légèrement pour la suite du métrage, surtout en me remémorant les monologues mythiques de Bernie et du Créateur.
Mais dès lors que le personnage revêt l'uniforme, (c'est à dire très tôt dans le film) il va commencer à s'exprimer fréquemment pour le plus grand bonheur de tous, son statut apparent lui permettant de s'affirmer enfin, lui qui évoluait jusqu'alors dans l'indifférence de tous.
Bien entendu, notre homme va se mettre dans des situations aussi rocambolesques qu'invraisemblables, s'enchaînant à un rythme frénétique. Le personnage nous renvoie à Bernie de part sa naïveté et sa folie, mais également à d'autres univers comme ceux de Chaplin, de Keaton et de Tex Avery pour le côté visuel (quand Dupontel affirme que son film est un "cartoon social", le terme est loin d'être galvaudé).


Le tout donne un excellent patchwork organisé et réglé au millimètre près enchaînant humour et action à travers des scènes hilarantes (Hard Trapèze 2, la reconstitution du commissariat dans le squat, les shoots à la colle provoquant des hallucinations délirantes et autres running gags que je vous laisse découvrir) et un héros aussi solide que Vil Coyote (on ne compte plus les chutes, les poteaux ou les murs pris de plein fouet et autre armoire métallique ayant la facheuse tendance à lui tomber sur la tronche).
Les autres acteurs s'en donne également à coeur joie : Claude Perron tentant de récupérer sa fille des griffes de ses beaux-parents (Hélène Vincent et Roland Bertin) à qui il manque visiblement quelques neurones, Nicolas Marié et Philippe Uchan en banquiers sans scrupules en affaire avec Gilles Gaston-Dreyfus, s'exprimant de son lit d'hôpital avec les bips de son électrocardiogramme, Yolande Moreau et Bruno Lochet en SDF, ainsi que les caméos de Gustave Kervern et Jackie Berroyer et une apparition monthypythonesque de Terry Gilliam et Terry Jones.
Le tout est transcendé par le score de Noir Désir (le groupe avait déjà travaillé sur Bernie) et par la mise en scène de l'ami Albert, qui nous démontre une fois de plus son amour pour la caméra en non balançant des plans de dingues et assez inédits dans le domaine de la comédie.

Le générique de fin terminé, Albert Dupontel, accompagné de la délicieuse Claude Perron et de Philippe Uchan, ont été accueillis sous les acclamations du public lyonnais et se sont prêtés au jeu des questions réponses.
On a donc appris que le projet devait initialement se monter aux Etats-Unis, avec des producteurs et des comédiens américains, que le titre du film n'est en aucun cas une référence à une réplique de La Haine de Mathieu Kassovitz, que M. Dupontel a assumé la totalité des cascades, que son prochain projet est d'hors et déjà en cours d'écriture et autres anecdotes autour du film.


Albert Dupontel, Claude Perron et Philippe Uchan


Bref, beaucoup moins trash et pessimiste que les deux premiers opus de Dupontel (comédies noires dans lesquelles, on suit la descente aux enfers du héros, jusqu'à atteindre un point de non-retour), Enfermés Dehors est une oeuvre brillante et probablement un tournant dans la carrière de metteur en scène de l'acteur (personnellement cela faisait des années que je n'avais pas ri aux éclats dans une salle obscure). Espérons que le public suive et que le film fasse une carrière honorable... en tout cas j'y retournerai à coup sur le 5 avril !

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Thanos 07/04/2006 15:46

Bon, ben j'ai été voir le film et je n'ai pas été déçu le moins du monde ! Vraiment un très bon film, très survolté (comme on peut l'attendre d'un film de Dupontel) et très cartoon ... bref, je suis fan ! :D

Le morse des mers 11/04/2006 23:44

Alors qu'as-tu pensé de "Hard Trapeze 2", personnellement ça m'a pris par surprise (c'est le cas de le dire), j'ai mis du temps à m'en remettre ;)

Ed 24/03/2006 22:16

Enorme acteur qu'est ce Albert Dupontel.
Je le suis depuis ses début en one man show et il ne cesse de m'impressionner.

Certainement l'un des seuls films potables que j'irais voir en ce mois d'avril ...

Le morse des mers 25/03/2006 22:36

Sinon, j'ai oublié d'ajouter que la sympathique Claude Perron m'a dédicacé la photo-radar de Bernie :D

Thanos 24/03/2006 09:16

Ben j'irai le voir aussi ! :D

guigus 23/03/2006 23:42

bravo pour cette description ca donne envie d'y allez tres vite et bravo pour le site

Derniers Articles