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25 mars 2006 6 25 /03 /mars /2006 21:56
Aujourd'hui nous allons inaugurer ensemble la cabine à nanars.

Attention, cette rubrique n'est pas prétexte à se défouler gratuitement sur un mauvais film. Au contraire, je m'efforcerai à défendre bec et ongles certaines oeuvres ouvertement médiocres mais que je juge néanmoins sympathiques (et que bien entendu je vénère en secret...).

Commençons avec une comédie de Claude Zidi réalisé en 1982 : Les Sous-Doués en Vacances, suite des Sous-Doués.

Ce dernier était une sorte de teen movie à la française dans lequel une bande de cancres en faisait voir de toutes les couleurs à leurs professeurs... et à la police locale. Contraints d'obtenir leur bac pour éviter la prison, ils vont confectionner un véritable arsenal du parfait tricheur qu'ils déploieront abondamment durant les diverses épreuves, au nez et à la barbe de leurs surveillants.

Menée par le trio Daniel Auteuil, Maria Pacôme et Michel Galabru, cette comédie connue un joli succès en 1980 et génère de bonnes audiences lors des rediffusions.

On ne peut assurément pas dire que la suite marche sur les plates-bandes de son aînée , car même si les gags s'enchaînent comme dans le premier, il règne une ambiance à la Max Pécas qui a sans doute contribuée à la réputation de nanar que se traîne cet opus.

En effet, il est difficile de ne pas penser à une comédie pécassienne car tout comme chez le maître du nanar, le film de Claude Zidi narre les tribulations d'une bande de jeune à Saint Tropez.

Dès le générique, on prend conscience d'être face à une perle. Ce générique a trois fonctions. La première est la fonction classique d'un générique à savoir présenter les principaux artisans à la conception du film (comédiens, producteur, scénariste, compositeur, réalisateur, ...). La seconde fonction consiste à résumer les événements du premier épisode via une chanson illustrée par des images, dont l'interprète est le narrateur,  prétexte à nous exposer Baptiste Laval alias Bébel (Daniel Auteuil) et sa bande. Enfin, la suite de cette chanson nous présente des personnages nouveaux : le chanteur Paul Memphis (Guy Marchand) et les jumelles Hélène et Claudine (Grace de Capitani).

Hélène et Claudine, les soeurs ennemies

Au terme du générique, l'exposition des personnages est donc complétement réglée. Il ne reste plus qu'à passer aux choses sérieuses, c'est à dire une succession de scènes ahurissantes : Bébel plantant sa tante de camping au pied de la Tour Eiffel sur le Champ de Mars, Hélène se faisant passer pour Claudine afin de s'octroyer le petit ami de cette dernière et surtout un billet d'avion pour les Seychelles, Paul Memphis victime d'un complot orchestré par sa femme et sa maîtresse et surtout, la présentation d'une invention révolutionnaire : le Love Computer, machine permettant de savoir si deux personnes sont fait l'un pour l'autre.

Paul Memphis et son ami Gérard Lenorman

La suite des évènements ne sera prétexte qu'à réunir les trois personnages principaux, jugez plutôt : Paul Memphis engage des cobayes pour tester le Love Computer, parmi eux Claudine et Bébel, pour qui la machine découvrira des atomes crochus.
Mais dans un accès d'orgueil, Paul Memphis tente de faire croire à sa future ex-femme qu'il l'a déjà remplacée. Pour cela il désigne au hasard un de ses cobayes féminins et, comme vous vous en doutez, Claudine est l'heureuse élue.

Pour ce débarrasser d'un Bébel encombrant, Memphis va mettre au point un stratagème implacable avec la complicité de Jacques Rouland (M. Caméra Cachée). Le but est simple : faire passer Bébel pour un homosexuel (!!!) aux yeux de Claudine, puis le mettre hors d'état de nuire.

Bébel piégé par Jacques Rouland

C'est lors de cette séquence qu'arrive ma scène favorite, celle pour laquelle je défends ce film ici même : le canular téléphonique à Gérard Lenorman !
Comme je vous aime bien, je vous offre en exclusivité la retranscription de ce dialogue monumental, à faire rougir Michel Audiard (ou à le faire se retourner dans sa tombe, au choix).

- Allô Lenorman ?
- Oui ?
- Gérard Lenorman ?
- Oui ?
- Ici le grand méchant loup. Je vais te croquer Lenorman. Je vais te faire bouffer tous tes disques. Même tes disques d'or.
- Qu'est-ce que vous racontez là ?
- Que tu fasses une overdose, que t'en claque (...). Et oui, et oui, tu te demandes qui je suis hein ? Et pourquoi ? Et bien Lenorman, voilà mon histoire, et tremble Lenorman ! Tremble ! Tremble ! Hin hin hin hin hin hin !

Claudine, désespérée, accepte un emploi de traductrice pour permettre à Paul Memphis de chanter Destinée, son tube (et celui de Guy Marchand... habile mise en abyme), en japonais. Elle met donc les voiles pour la villa du chanteur à Saint Tropez.

Bien entendu, Bébel est bien décidé à récupérer sa bien-aimée des griffes du méchant chanteur. Il va donc suivre la petite troupe dans la cité varoise, accompagné de quatre de ses camarades bacheliers : Gaétan (Gaétan Bloom), Graffiti (Patrick Laurent), Zard (Patrick Zard) et Togo (Honoré N'Zué). A noter la présence de deux autres rescapés du premier épisode mais dans un rôle différent : Dominique Hulin en garde du corps de Gérard Lenorman et Hubert Deschamps en chirurgien incompétent (le mot est faible) raccourcissant les jambes du pauvre Togo à chaque opération (l'un des deux running gags du film avec celui des gendarmes guettant un "mordage" de ligne blanche).

La guerre du feu ? Non, Guy et ses amis à Saint Tropez...

Chaque plan pour reconquérir le coeur de Claudine sera le prétexte d'un gag et se soldera par un échec jusqu'au retournement de veste de Memphis qui va réunir de nouveaux les deux amoureux sur scène dans un Love Computeur géant, sous les applaudissements du public et les vibrations de Destinée qu'interprète le chanteur.

Tout est bien qui finit bien... ou presque, souvenez-vous de l'issu de la dernière histoire d'amour de Claudine...

Destinée, on était tous les deux destinés

Bref, cette comédie bien franchouillarde est entre deux eaux : un fond avec un fort potentiel comique plombé par un traitement assez nanar dans la forme. Le Love Computeur n'égal pas sa rivale du premier opus la Machine à Apprendre (qui distribuait coups et baffes à chaque mauvaise réponse) et le cabotinage de Guy Marchand n'arrive pas à la cheville de celui de Michel Galabru mais le tout est sauvé par l'affligeante invraisemblance des gags et des situations qui ne peuvent prêter qu'à rire aux éclats malgré eux.

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commentaires

Cédric 01/04/2006 14:01

Cagoulés reste un intense moment de fendage de poire enregistré à la maison. Juste pour ça je remercie guy Marchand lol ^^

Le morse des mers 01/04/2006 14:24

On avait quand même réussit l'exploit de torcher l'écriture de la parodie et l'enregistrement en deux / trois heures afin que la chanson soit prête pour l'anniversaire de notre Cagoulé préféré, le soir même.Et avec la musique de "Destinée" passée en boucle tout l'après-midi, c'est vraiment un exploit !

JB 27/03/2006 22:39

Je tiens à rajouter que Destinée aura quand même été à l'origine d'un des plus grands tubes des Juming Stools : Cagoulés!
Sinon je suis fan des sous-doués et autres nanars franchouillards!

Le morse des mers 27/03/2006 23:00

Merci de me soutenir JB, je me sens moins seul d'un coup ;)

flure 27/03/2006 19:29

Sans oublier la scène du faux requin, et des avions télécommandés bombardeurs de peinture !

Le morse des mers 27/03/2006 23:01

Honte à moi d'avoir homis de citer la scène du requin qui est quand même la séquence la plus nanarde du film !

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