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29 mars 2006 3 29 /03 /mars /2006 18:29
Le premier long métrage de Darren Aronofsky (Requiem for a Dream et prochainement The Fountain) est intéressant à bien des égards. Tourné en 16mm avec un budget dérisoire (60 000 $) et utilisant la technique du black & white reverseal (un noir et blanc sans aucune nuance de gris), π est sorti sur les écrans en 1998 et est loin d'être une oeuvre d'amateur, bien au contraire...


Max Cohen (Sean Gullette), un jeune mathématicien sédentaire vivant reclus dans son appartement avec tout son attirail informatique.

Sujet a des migraines chroniques, il est persuadé que le monde est régit par les mathématiques, notamment les fluctuations boursières qu'il tente de mettre en équation.
Son unique ami et confident, Sol (Mark Margolis), mathématicien à la retraite qui a passé sa vie à tenter de découvrir une séquence au nombre π, lui conseille de ne pas approfondir ces recherches. En effet, Max est très vite convoité par les pontes de Wall Street, ainsi que par une communauté de juifs orthodoxes voulant percer le mystère de la Cabale.

Sol et Max en pleine partie de Go

Entre trahison et faux-semblants, Max ne sait plus vraiment à qui se fier et sombre peu à peu dans la folie... et si tout ça n'était que le fruit de sa paranoïa ou d'une simple surchauffe de son cerveau de plus en plus dérangé ?

Max et sa modeste calculatrice

Pour ce coup d'essai (qui s'avère être un vrai coup de maître), Aronofsky a été fortement influencé par deux premières oeuvres de deux metteurs en scènes aujourd'hui reconnus : Eraserhead de David Lynch et Tetsuo de Shinya Tsukamoto. D'ailleurs, lors de ma première vision de π, mes impressions furent pratiquement identiques à celles de ma première expérience sur les deux autres films : un certain désappointement et un avis assez négatif.

Il n'y a pas de quoi se couper les cheveux en quatre...

Il faut dire qu'à la base, moi-même amateur de chiffres, le synopsis m'avait bien emballé et je pensais avoir affaire à un bon thriller mathématique d'une logique implacable où tout s'emboîte parfaitement. Evidemment le film est tout sauf logique, les recherches de Max, la spirale d'or, la séquence : tout ça n'est qu'un leurre pour mener en bateau le spectateur et lui balancer en pleine face la folie du héros et sa vision paranoïaque du monde qui l'entoure, à l'instar d'Henry Spencer dans Eraserhead (dans une moindre mesure évidemment).
Tout comme ce dernier, ce n'est donc qu'à la seconde vision que j'ai vraiment découvert π et ses nombreuses qualités. La virtuosité d'Aronofsky éclipse totalement le manque de moyen, le montage donne un rythme assez soutenu (on y aperçoit déjà les prémices de Requiem For A Dream dans les jump cut, lors des scènes où Max ingurgite ses cachets par exemple) et l'intrigue est suffisamment prenante pour ne pas subir les 1h20 de pellicule, à conditions de se laisser guider et de ne pas chercher d'interprétation avant d'avoir bien digérer le film car plus le film avance, plus les mystères et autres bizarreries (la scène du cerveau dans la station de métro !!!) se succèdent sans forcément apporter de réponses (du moins en apparence) jusqu'au final... assez surprenant.

Max chez les cabalistes

Le film a obtenu le prix de la mise en scène au festival de Sundance en 1998 et a remporté 3,5 millions de dollars au box-office américain (soit pratiquement 60 fois sont budget initial).

Aronofsky confirmera son talent sur Requiem For a Dream, adapté du roman Hubert Selby Jr., beaucoup plus abordable que π mais tout aussi dérangeant (si ce n'est plus). En attendant The Fountain dont les premières images attisent mon impatience, gageons que le cinéaste est déjà une valeur sure du cinéma indépendant américain.

Une nouvelle méthode de piercing...

A noter un article de mon ami sebolavit sur le nombre π qui n'a absolument rien à voir avec le film mais, étant donné qu'on est en plein dans le sujet, j'en profite.

Bon, sur ce, je vais me résoudre deux/trois équations différentielles... (non n'insistez pas, je ne vous ferais pas le coup du "je vais faire ππ")


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commentaires

flure 02/04/2006 20:25

agad' la télévision, et pi d'or ...

Koala Rieur 01/04/2006 23:46

Heureusement que le nombre Pi et le nombre d'or sont différents, on aurait eu droit à "et pi d'or"...

Cédric 01/04/2006 13:48

Je serais aller plus loin au niveau du titre de l'article avec quelque chose qui, fonctionannt par analogie, aurait donné un truc du genre : "de Mâle en pi", avec un pi renvoyant bien entendu à la vache, alors que le "mâle" lui renverrait au taureau qui bien entendu aime les vaches et qui, par extension, est particulièrement demandeur de pis. Reste à voir que cela n'a rien à voir avec le cinéma, hormis le fait qu'il faudrait peut-être que je l'arrête moi-même... mon cinéma. (HAHAHAHAHAHAHAHAHA moi l'humour j'adore, j'en suis un réel artisan de talent, une sorte d'ouvrier de France de la drôlerie en fait HAHAHA.

...)

(c'était vraiment histoire de laisser un message je n'ai même pas lu l'article :p)

Le morse des mers 01/04/2006 14:34

Figure-toi que "de Mâle en pi" j'y ai pensé, mais ça n'avait plus rien à voir avec le film donc j'ai opté pour le mot "mal" (le mal qui ronge le héros avec ses migraines permanentes).Mais bon, l'appel du jeu de mot est plus fort que tout donc je vais suivre ton conseil, j'irais même plus loin en remplaçant le "de" par "deux" en référence aux personnages de Max et de Sol ;)

Koala Rieur 31/03/2006 14:53

Jamais vu pi mais j'ai adoré requiem for a dream, donc je tenterais bien l'expérience même si je sens que je vais être complétement larguée (de toutes façons j'aime ça ahahah)

flure 30/03/2006 22:16

Dis donc, celui qui a les blancs est en train de se faire laminer sur cette partie de Go ! Et dire qu'ils n'en sont qu'au tout début de la partie ... M'est avis qu'il est surclassé de plusieurs Kyu par son adversaire ...

(sinon, y'a le festin chinois en ce moment sur arte, c'est excellent)

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