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10 avril 2006 1 10 /04 /avril /2006 13:49
Nous sommes en 1979, Steven Spielberg vient de triompher avec son Rencontres du troisième type. La réponse française ne tarde pas à arriver et sera représentée par le cinquième opus d'une franchise hexagonale à succès, une saga menée par la référence du cinéma comique des années 60 et 70, je veux bien entendu parler de la série Le Gendarme de Saint Tropez.
La révolution a donc pour nom Le Gendarme et les Extra-Terrestres.

Oui ! Tremblez Messieurs Lucas et Spielberg ! La nouvelle référence de la science-fiction moderne arrive et elle sera française ! Elle comportera un casting prodigieux avec entre autre Michel Galabru, Maurice Risch et Jacques François et sera mise en scène par un futur maître du genre, Jean Girault (qui signera La Soupe aux Choux trois ans plus tard) sur un scénario que Stanley Kubrick aurait immédiatement adopté s'il avait été écrit quelques années plus tôt, en mettant au placard celui de 2001... enfin tout ça aurait pu être décrié avant la sortie du film parce qu'après...


Rien ne va plus à la brigade de gendarmerie de Saint Tropez, Beaupied (Maurice Risch) puis Cruchot (Louis De Funès) affirment avoir vu une soucoupe volante. Il semblerait même que des extra-terrestres aient pris l'apparence de nos gendarmes favoris pour s'intégrer parmi les êtres humains. Cruchot ne tarde pas à découvrir que ces êtres venus d'ailleurs se nourrissent exclusivement d'huile et sont constitués de métal (ils sonnent creux).
Malgré un rappel à l'ordre du colonel (Jacques François) et la vigilance de l'adjudant Gerber (Michel Galabru), Cruchot déserte la brigade et part, tel un David Vincent, mener seul sa chasse à l'extra-terrestre.

Des effets spéciaux enviés par ILM

La série entamée par Le Gendarme de Saint Tropez connu ses heures de gloires dans les années 60, misant sur la popularité grandissante d'un Louis De Funès en roue libre malgré une qualité en baisse au fil des épisodes.
Neuf années après Le Gendarme en Balade, le maréchal des logis Ludovic Cruchot rempile sur une trame complétement abracadabrandesque. Le fossé est énorme entre cette nouvelle séquelle et la précédente, on passe directement de la comédie pocharde ancrée dans les sixties au bon vieux nanar typique fin 70, début 80 et ce malgré l'absence de Jean Lefebvre présent dans les quatre premiers films dans le rôle du brigadier Fougasse (étonnant non ?).

Beaupied et Cruchot sous les réprimandes du Colonel


Les scénaristes n'ont visiblement pas lu les grands classiques de science-fiction car outre une trame allégrement pompé sur la série Les Envahisseurs (le héros seul contre tous, les extra-terrestres prenant forme humaine, les signes permettant de les reconnaître, ...), tout le reste ne respecte aucun code du genre : ici les visiteurs rouillent, donc craignent l'eau (et si Shyamalan s'était inspiré de ce détail pour son Signes ?), ils possèdent un squelette en ferraille et doivent ingurgiter une bonne dose d'huile à intervalle régulier pour survivre.

La carcasse d'un extra-terrestre, découverte par Gerber


Tant pis, car le spéctateur français s'est déplacé en masse dans les salles obscurs pour assister au show du champion du rire : Louis De Funès... et effectivement, l'acteur tient tout le film sur ses épaules et tente tant bien que mal à faire oublier la débilité du scénario avec ses facéties malgré sa santé défaillante visible à l'écran.

On assiste donc à un défilé de cabotinnage : Louis De Funès en premier lieu mais c'est ce jeu qui a fait son succès, Michel Galabru le spécialiste du j'en-fais-des-tonnes (voir la scène où ce dernier constate que le restaurant dans lequel il va dîner régulièrement à disparu...) et Maurice Risch, pour qui le rôle du brigadier Beaupied a surement été un tremplin pour décrocher la tête d'affiche sur Mon Curé chez les Thaïlandaises quelques années plus tard.


Michel Galabru plus cabotin que jamais

Je ne puis que vous conseiller de revoir encore et encore les séquences d'anthologie comme l'infiltration de Cruchot dans le couvent  et sa chorale de bonne soeur, l'intervention dans le restaurant où deux extra-terrestres dînent en tête à tête avec une bonne bouteille d'huile du meilleur cru ou encore le combat final aussi ridicule qu'incompréhensible.


Soeur Cruchotte pousse la chansonnette

A noter l'apparition d'un jeune Lambert Wilson dans la peau (enfin la carcasse) d'un E.T. ainsi que le remplacement
par Maria Mauban de Claude Gensac dans le rôle de Josépha Cruchot. Rassurez-vous cette dernière sera de retour pour l'ultime épisode : Le Gendarme et Les Gendarmettes qui suit indéniablement la voix de son prédécesseur dans le nanarisme sans complexe.

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commentaires

flure 12/04/2006 21:10

Oui c'est pour ça que j'ai fait exprès de le remettre ici :)

Sinon je peux ajouter que Cruchot était le premier Men In Black ... :)

Le morse des mers 13/04/2006 00:36

Ca va loin quand même...Mais si on part de ce principe on peut même affirmer que vers la fin du film, l'adjudant Gerber devient une sorte de Professeur Peter Venkman, sauf qu'à défaut de mener la chasse aux fantômes avec un fusil à protons, il va chasser les E.T. avec un vaporisateur d'eau (avantage : il peut croiser les effluves, car dans le cas de la chasse aux fantômes, croiser les effluves c'est mal)

flure 12/04/2006 13:12

Excellent remake comique de "L'invasion des profanateurs" !!!

Le morse des mers 12/04/2006 19:20

Oui, d'ailleurs on en avait débattu sur la stec list lors de nos discussions sur les pseudos remakes/adaptations de "L'invasion des profanateurs" :)

Thanos 12/04/2006 09:54

je crois bien que je l'ai jamais vu celui là ... enfin, peut-être des petits bout, mais pas en entier ...
'tain, je savais pas qu'il en avait fait autant de "Gendarmes" o_O

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