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1 juin 2006 4 01 /06 /juin /2006 21:15
Faisons un petit tour chez nos amis Québécois pour découvrir La Grand-Messe, le dernier album en date des Cowboys Fringants, groupe francophone outre-atlantique.

La chanson québécoise se traduit pour certains par une overdose de variétés du style Céline Dion, Garou ou Natasha St Pier, omniprésents dans les émissions du paysage audiovisuel français et succédant à une vague plus ancienne représentée par Robert Charlebois, Daniel Lavoie, Fabienne Thibeault ou encore Diane Tell.

Pourtant, il existe des artistes de talent peinant à marquer leur emprunte au delà des frontières de la belle province : les Cowboys Fringants sont de ceux-là. Véritable phénomène au pays des caribous, il faut dire que leur textes souvent engagés, quelques fois humoristiques et contenant de multiples références à leur terre d'origine ne facilitent pas l'exportation.
Car le groupe n'y va pas par quatre chemins, c'est souvent franc, direct, sans détour et surtout sans figures de style ésothériques et vendeuses, inhérentes aux auteurs de variétés (du genre Lionel Florence, Didier Barbelivien, Luc Plamondon, ...) oeuvrant régulièrement pour les carrières héxagonale des artistes québécois. En témoigne le refrain de En berne, virulente première plage de Break Syndical, précédent album studio des Cowboys Fringants :

Si c'est ça l'Québec moderne
Mais moi j'mets mon drapeau en berne
Et j'emmerde tous les bouffons qui nous gouvernent

Musicalement, on pense beaucoup à des groupes français comme Louise Attaque (pour le combo violon/guitare accoustique frénétique) ou Têtes Raides (pour les instrumentations riches à base de cuivre, accordéon, harmonica ou piano).

Le groupe est composé des membres suivants :


Jérôme Dupras : basse, contrebasse, guitare électrique, voix

Dominique Lebeau :
batterie, percussions, ocarina, xylophone, cabasa, grelots, darbouka, tambourine, boîte à rythme, piano, guitare électrique, blocs, tambour basque, guiro, orgue, maracas, cloche à vache, gong, voix


Marie-Annick Lépine : violons, accordéons, violoncelles, mandoline, piano, synthétiseur, claviers, métallophone, flûtes traversières, percussions, banjo, flûte à bec, guitare, voix


Jean-François Pauzé : guitares, harmonica, boîte à rythme, voix


Karl Tremblay : chant


La Grand-Messe poursuit la voix de Break Syndical, avec un harmonieux mélange entre pamphlets engagés, textes plus personnels, intimistes ou légers, divers horizons explorés au travers des seize pistes constituant l'album.

Ladite messe débute par une introduction au piano, annonçant la piste suivante, Etoiles Filantes, un morceau nostalgique et fataliste. S'en suit Ti-cul, une critique de l'influence parentale qui raconte l'histoire d'une jeune étudiant frustré de ne pas être encouragé par son entourage pour réaliser sa vocation de comédien. Arrive Huit secondes (qui dure en fait quatre minutes...) dénonçant l'exploitation de l'eau par les multi-nationales en contraste avec une instrumentation folklorique et entrainante, puis l'apocalyptique Plus rien, qui transcrit les ultimes pensées du dernier survivant d'une terre massacrée par le genre humain (au fond l'intelligence qu'on nous avait donné, n'aura été qu'un beau cadeau empoisonné).

Un peu de mélancolie et de solitude avec Hannah et ce n'est qu'au bout de la piste 7 qu'on resprire un peu avec un morceau rappelant les débuts "humour 'n country" du groupe : Symphonie pour Caza.

La Reine, premier single de l'album, nous narre le destin d'une bienfaitrice prenant sous son ailes les plus démunis derrière une structure musicale semblable à Huit secondes.

Retour à la chanson engagée avec l'électrique En attendant (le réel de nos gens), puis la très country Lettre à Lévesque et la sympathique ballade Ces temps-ci.

Place à l'émotion avec Ma belle Sophie, mélancolique et intimiste, interprétée par Marie-Annick suivie d'un intermède musical, Shish Taouk, annonçant le dernière ligne droite.

La légéreté de
Camping Ste Germaine, prépare le terrain de l'épique et engagée Si la vie vous interresse, musicalement très riche et comportant un solo instrumentale epoustouflant.

L'album se clôt avec l'épiloque Si tu penses un peu comme ça, une ballade country où chaque membre du groupe donne de la voix.

Du coup seize titres, ça peu paraître beaucoup comme ça, mais à l'écoute de ce chef d'oeuvre, on aurait aimé en voir le double. La force de cet album est de ne proposer aucun fond de tiroir, rien que des chansons de qualité.

Si vous voulez découvrir toutes les facettes des Cowboys Fringants ou tout simplement un bon album d'un groupe francophone aussi eclectique que sympathique, c'est l'album idéal.


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commentaires

flure 13/06/2006 22:41

Eh ben Karl Tremblay fais petit joueur à côté de ses comparses qui jouent de ouête-mille instruments !!!

Le morse des mers 25/06/2006 21:53

Ouais mais il interprête divinement bien, maîtrisant la rage et la mélancolie. Bon faut pas être allergique à l'accent québécois.

flure 10/06/2006 22:10

Bon, comme je n'ai pas lu cet article, je remettrai un commentaire plus tard, là c'est juste pour rattraper mon retard :))

Thanos 06/06/2006 09:56

haaaaaa les Cowboys Fringants !! mon groupe coup de coeur de l'année dernière. J'adore vraiment ce groupe. La chanson plus rien me donne des frissons quand je l'écoute. Et leurs textes, bien que comme dit morse encrée dans la culture québéquoise, s'adaptent bien souvent pour la France. En Berne par exemple, on remplace "Quebec" par "France" dans le refrain et c'est tout à fait parlant pour nous aussi. Ca me fait beaucoup penser à du Renaud à ses début au niveau des textes.
J'ai découvers ce groupe par leurs chansons engagés, et je me régale aussi avec leurs chansons plus légère, voir carrement drole.

Je rajouterais juste qu'ils sont aussi fortement engagés dans la défence de la Terre, l'écologie tout ça :)

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