Jeudi 29 juin 2006
- Par Le morse des mers - Publié dans : La cavité sonore
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Après avoir évoqué la biographie professionnelle de Corbier, concentrons-nous sur son spectacle, plus particulièrement celui du 14 juin dernier.

Chaque année, ce dernier pose ses valises à Lyon pour une semaine de concert à l'A Thou Bout de Chant. C'est là que j'ai pu découvrir la facette "chanteur à texte" de l'ex-animateur (la première fois, j'y allais pour rigoler avec pas mal de préjugés et j'en suis ressortit complètement séduit par le talent de chansonnier du bonhomme).

Bref, dans la plus pure tradition des chanteurs de cabaret, il propose un spectacle seul en scène avec ses guitares, son ukulélé voir son piano à pouces. Bien plus qu'un simple show musical, l'intimité des petites salles dans lesquelles il se produit permet un véritable échange avec le public et donne l'occasion de passer du rire aux larmes dans la joie et la bonne humeur.

En ce qui concerne sa prestation du 14 juin 2006 à l'A Thou Bout de Chant, je dirais qu'elle est à l'image de Tout pour être heureux, car l'ombre de cet album planait sur la playlist. Mais comme à son habitude, Corbier passe d'un extrême à l'autre et a le don de détendre immédiatement l'atmosphère après un morceau très dur comme Chronique Sida, Roméo ou Drosera.



Je m'attends en général à l'excellent Eléphantasme en guise d'introduction, mais cette fois-ci, ce fut La Galère du Capitaine (qui se trouve en général en fin de concert). La chanson fleuve fut amputée de trois couplets à cause d'un problème de pétage de sangle couplé d'une chaleur humide et étouffante provoquant des pertes de contrôle de la guitare.

Mais la suite fut complètement maîtrisée avec en vrac les classiques Au Bistrot de la Supérette, La Tempête, R.I.K., Les lunes de Mme W, Courrier du coeur, J'arrive chez elle et juste avant le rappel, Les Epinards, ainsi que les plus récentes La fée, Fichue journée, Règles bleues, Joli monde, C'était l'bon temps, L'arrêt du 118 ou encore Belette.

Comme à l'accoutumée, chaque transition se fait par un interlude humoristique sous la forme d'une chanson flash le plus souvent ou sur une révélation stupéfiante comme le fait d'apprendre que le chanteur n'a jamais été dans Dorothée mais à côté ou encore qu'il utilise plusieurs guitares sur scène parce qu'il est extrêmement riche (bon là il va m'en vouloir parce que je viens de lui griller toutes ses chutes...).



Revenons aux chansons flashs. Ces petits morceaux humoristiques de quelques secondes, constitués d'un seul couplet (voir d'un seul vers... ou moins) sont le véritable moteur du spectacle. Le plus souvent il s'agit de jeux de mots très fins (Juda, Grand-Père est bien plus qu'une ville, ...) ou très lourds donc indispensables (La chanson du pompier en train de repeindre un pont, ...) mais aussi de couplets à chute drôle (Le match de foot, Quand le bateau a coulé, ...) et/ou provocante (Les profs des écoles, ...).

Une toute petite déception en ce qui concerne l'absence d'Eléphantasme mais aussi de Lucien, une chanson à chute du même acabit qu'Au Bistrot de la Supérette.

Comme à son habitude, Corbier reste toujours très disponible.

Il n'hésite pas par exemple à se mêler aux spectateurs pour assister à la première partie au lieu de se prostrer dans le silence de sa loge.

Pour la prestation de L'UN daNs L'aUtre, il s'est assis à côté du pauvre Lece que nous avions traîné de force au concert (et qui, heureusement, ne le regrette pas), à ne pas confondre avec Le Che, ni avec Jésus (même barbe même combat, souvenez-vous), car pas très barbu, pas très cubain et encore moins prophète.

Bref notre ami fut impressionné par le charisme de l'artiste et la proximité palpable de celui-ci (alors qu'en fait ce dernier à sûrement voulu se placer stratégiquement à proximité du bar et des toilettes, dont la chasse d'eau est prohibée durant le spectacle, une des règles d'or de l'établissement).



Après son tour de chant, l'artiste s'efface au profit de l'homme et échange quelques bonnes pensées avec son public d'un soir autour d'un verre tout en dédicaçant disques, affiches, cartes de bus ou feuilles de cours (Le Panda pourra vous en parler).

Comme il se faisait tard, j'ai simplement eu le temps pour une petite griffe sur mon livret de Tout pour être heureux. Quant à Flure qui comptait offrir le disque pour la fête des pères, s'est retrouvé avec une dédicace de Corbier... signée Flure (De la part de ton fils). Après une houleuse négociation, il a quand même pu avoir la signature du Grand Corbinou.

Au passage merci encore une fois à
Flure pour les photos illustrant cet article, non pas qu'il se soit reconverti photographe mais vu qu'il s'agissait de la même soirée que pour le set de L'UN daNs L'aUtre, il était normal qu'il couvre cet événément aussi (il n'y a pas qu'Helmut Newton qui avait tout compris).

Et donc, pour la cinquième année consécutive, j'ai passé une excellente soirée.
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