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Vas-Y Cherche !

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29 mai 2006 1 29 /05 /mai /2006 14:32
Petit film indépendant, prix Première au festival du fil fantastique de Gérardmer 2002, Donnie Darko (écrit et réalisé par Richard Kelly, inconnu à l'époque) s'est petit à petit forgé une solide réputation grâce au marché du DVD malgré une carrière discrête dans les salles obscurs héxagonales.

Donnie Darko est un adolescent intelligent mais sujet à des troubles psychologiques se traduisant pas des absences, des crises de somnambulisme et un comportement instable.


Une nuit, il est réveillé par un lapin géant, prénommé Frank, qui le guide hors de sa chambre et lui annonce que la fin du monde est prévue dans exactement 28 jours 6 heures 42 minutes et 6 secondes (à mon avis il a du bouffer l'horloge parlante le Frank), soit durant la nuit d'Halloween.

Le lendemain matin, Donnie reprend conscience au milieu d'un terrain de golf et en rentrant chez lui, il constate qu'un réacteur d'avion s'est écrasé sur sa maison, pile poil dans sa chambre et qu'il a échappé de peu à la mort.

Dès lors, il va vivre plusieurs événements inhabituels, qui vont perturber la petit bourgade résidentielle, jusqu'à la date fatidique annoncée par Frank.

"Réveille-toi Donnie !"

Mais que va-t-il vraiment se passer à l'issu de cette date ?
Qui est Frank ?
D'où sort ce réacteur qui ne semble provenir d'aucun avion en service ?
Et ce gars tout bizarre en survet' rouge ?
Quel est le rôle de Grand-Mère La Mort, la vieille frappadingue du village, dans tout ?
Et celui de Cherita, cette lycéenne chinoise introvertie ?

La plupart des ses questions ne trouveront probablement pas de réponses directes car l'intrigue de Donnie Darko n'est pas des plus simples. On pense inévitablement au cinéma de David Lynch... enfin essentiellement dans la forme.

Le fameux réacteur tombé de nulle part...

Car contrairement à Lynch qui explore le plus souvent l'inconscient de ses personnages principaux (Eraserhead, Lost Highway, Twin Peaks ou encore Mulholland Drive), Richard Kelly inclu en filigrane de nombreux codes issus de la science-fiction (voyage dans le temps, réalité alternative, vortex, théorie du chaos, ...), cependant loin d'être omniprésents (au premier abord, on pense avoir affaire à une sorte de teen-movie dramatique) mais utiles pour renouer toutes les ficelles de l'intrigue.

Grand-Mère La Mort et son rituel de la boîte à lettres...

Pour son premier film, le jeune Richard Kelly a su s'entourer de seconds rôles loin d'être inconnus : Drew Barrymore (également productrice du film) joue une professeur de lettres anti-conformiste, Noah Wyle (Dr Carter dans la série Urgences) tiens le rôle du professeur de physique qui guidera Donnie dans sa quête, Patrick Swayze qui ose prendre des risques dans la peau d'un personnage pas très net, James Duval, égérie de Gregg Araki (Totaly Fucked Up, The Doom Generation, Nowhere, mais aussi Independance Day de Roland Emerich), revêt ici le costume de lapin du mystérieux Frank, Katharine Ross (Le Lauréat, Butch Cassidy et Le Kid, ...) joue la psy de Donnie,

Donnie en pleine crise... délire ou réalité ?

Jake Gyllenhaal (Le jour d'après, Jarhead, Le secret de Brokeback Mountain) tiens ici son premier grand rôle et joue à merveille l'adolescent perturbé qu'est Donnie Darko. A ses côtés, Maggie Gyllenhaal, sa soeur à la ville, également soeur de Donnie dans le film.

Vous vous en doutez, le film est assez unique en son genre. La narration est lente mais suffisant envoutante pour coller le spéctateur à son siège jusqu'au dénouement.

"La violence est un produit de la peur"

Richard Kelly nous entraîne en plein coeur de la vie de la famille Darko et de son entourage, dans une petite commune des Etats-Unis. Durant sa quête initiatique, Donnie trouvera l'amour dans les bras de Gretchen, sa nouvelle camarade de classe avec qui il ira même voir Evil Dead de Sam Raimi durant une séquence mémorable, ce dernier ayant cédé les droits de son film gratuitement après avoir lu le scénario époustouflant de Kelly.

"- Pourquoi porte-tu ce costume ridicule de lapin ?
- Et toi ? Pourquoi porte-tu ce costume ridicule d'homme ?"

L'action est chronologiquement située à la fin de l'ère Reagan, durant la campagne présidentielle de Michael Dukakis et de George Bush Sr. (ce qui donne l'occasion d'assister à des débats politiques durant les repas de famille). De ce fait, le film est à l'image de l'époque qu'il dépeint et dégage une certaine nostalgie du cinéma américain typique des années 80. Mais tout ça n'est que la face cachée de l'iceberg car Donnie Darko baigne dans une ambiance contrastée mélant humour (voir les dialogues sur la vie sexuelle des Schtroumpfs), mystère (Frank, Cherita, Grand-Mère La Mort, le "fluide", ...) et psychologie.

En résumé un véritable coup de maître de Richard Kelly, qui depuis a signé le scénario de Domino de Tony Scott ainsi que sa deuxième réalisation, le très attendu Southland Tales (prévu le 20 décembre sur nos écrans), en compétition à Cannes et dont les premiers échos sont plus que positifs.

"Porte de cellier"

Notons aussi la fabuleuse bande original mélant standards des années 80 (INXS, Duran Duran, Tears For Fears, ...) aux compositions de Michael Andrews.

Je citerais la fabuleuse reprise de Mad World de Tears For Fears, transcendée par le piano d'Andrews
i et nterprétée par Gary Jules, accompagnant la fameuse séquence finale de fondues enchaînées sur tous les personnages du film. Sans trop en dire, chacun d'entre eux arrive à exprimer son sentiment sur les événements précédents sans dire un seul mot. La voix de Jules transporte le spectateur et parvient à lui faire ressentir les émotions visibles à l'écran... C'est à l'issu de ce genre de scène réussie qu'on se dit "wouahou, j'ai rien compris mais qu'est-ce que c'était bien !".

Justement, si vous avez du mal à rassembler les pièces du puzzle, je vous conseille fortement le DVD. En effet, Richard Kelly y glisse plusieurs pistes et indices pour interpréter son film à travers le commentaire audio et les scènes coupées... et vous aurez même droit en bonus à l'hilarante vidéo de Jim Cunningham (Patrick Swayze) : Maîtrisez votre peur.
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9 avril 2006 7 09 /04 /avril /2006 00:00
La filmographie de Sir Alfred Hitchcock (53 films en tant que metteur en scène exactement) recèle de nombreux bijoux. Sueurs Froides (Vertigo pour la version originale) est surement l'un de ceux qui m'ont le plus marqués.

Je crois même qu'il s'agit de la première oeuvre du maître du suspens que j'ai eu l'occasion de voir.

Le film se situe en plein coeur de la période la plus prolifique d'Hitchcock en matière de succès commercial. Le crime était presque parfait (1953), Fenêtre sur cour (1954) et la deuxième version de L'Homme qui en savait trop (1956) ont forgé au bonhomme une solide réputation à Hollywood. Suivront La mort aux trousses (1959), Psychose (1960) et Les Oiseaux (1963) avant le déclin.

Vertigo est l'adaptation de D'entre les morts, un roman français de Pierre Boileau et Thomas Narcejac, également connus pour avoir écrit Celle qui n'était plus, adapté au cinéma sous le titre Les Diaboliques par Henri-Georges Clouzot.


John "Scottie" Ferguson (James Stewart), un ex-policier souffrant de vertiges est chargé par un de ses vieux amis de suivre la femme de ce dernier, Madeleine (Kim Novak) qui n'a visiblement plus toute sa tête. Lors d'une de ses filatures, Scottie assiste à une tentative de suicide de la jeune femme qui se jette dans un fleuve. Il intervient pour la sauver et il en tombe rapidement amoureux. Mais l'idylle est de courte durée car Madeleine saute du sommet d'un clocher, sous les yeux de Scottie, impuissant, paralysé par son vertige.
Quelques mois plus tard, Scottie rencontre Judy (Kim Novak aussi), le sosie parfait de Madeleine qu'il va tenter de modeler à l'image de son amour perdu.

Le terrible clocher de la mort qui fait peur

James Stewart collabore ici pour la quatrième fois avec Alfred Hitchcock (après La Corde, Fenêtre sur cour et L'homme qui en savait trop) et est au diapason avec son personnage de détective traumatisé. L'interprétation de Kim Novak n'est pas en reste avec un double rôle de femme de la haute société et de modeste secrétaire.

Scottie, Madeleine et un baobab


L'intrigue est rondement mené avec une première partie narrant la relation Scottie/Madeleine et mettant en place les multiples éléments pour la suite et une seconde partie marquant l'obsession de Scottie pour Madeleine dont va être victime Judy... c'est pourtant cette obsession poussée à l'extrême qui engendrera indirectement le "réveil" de notre héros et la guérison de ses troubles.

La transition entre les deux parties est marquée par une séquence onirique où l'on assiste au cauchemar d'un Scottie endormi et traumatisé par les épreuves qu'il vient de subir. On y aperçoit divers éléments de l'intrigue (comme le portrait de Carlotta Valdes, grand-mère de Madeleine ayant également connu un destin tragique, présent dès le début du film et principale obsession de la jeune femme). Cette séquence assez spéciale, mèlant réel et animation, est une chose assez inédite pour l'époque.



Une autre technique inédite a également été expérimentée avec succès : celle permettant de traduire le vertige de Scottie en vue subjective. Il s'agit en fait d'un travelling arrière couplé d'un zoom avant, donnant un effet de déformation du décor assez convaincant. Cette technique a été reprise de nombreuses fois par divers metteurs en scène de renom comme Sam Raimi (Evil Dead, Darkman, Mort ou Vif,...), Steven Spielberg (Les dents de la mer, E.T., ...), Peter Jackson (Le Seigneur des anneaux), Max Pécas (non là j'déconne), ....

Notons aussi le score de Bernard Herrmann, compositeur attitré de Tonton Alfred jusqu'au clash survenu lors du tournage du Rideau Déchiré(1966), qui signe là ses partitions les plus célèbres aux côtés de celles de L'Homme qui en savait trop, La mort aux trousses et bien entendu Psychose.


Portrait de Carlotta Valdes, qui visiblement n'a aucun lien de parenté avec Carlos Patato Valdes


Sueurs Froides est une oeuvre majeure du père Hitch, qui influença bon nombre de réalisateurs. A commencé par Brian de Palma, qui n'a jamais caché son admiration pour Hitchcock, et son film Obsession (1975) dont la trame a de forte ressemblance avec l'oeuvre qui nous interresse ici, et pour appuyer la référence, la musique est signée Bernard
Herrmann.
Citons ensuite L'Armée des 12 Singes de Terry Gilliam dans lequel James Cole (Bruce Willis) et le Dr Railly (Madeleine Stowe... Madeleine... tiens tiens) se réfugient dans un cinéma où l'on projette Vertigo. La référence ne s'arrête pas là car dans la même séquence, Katherine Railly se déguise en blonde, sous les yeux éblouit de Cole qui voit là l'incarnation de la femme qui hante son rêve récurrent depuis son enfance.
On retrouve d'autres références flagrantes chez David Lynch dont plusieurs films jouent sur une dualité blonde/brune : Blue Velvet (la jeune lycéenne ingénue incarnée par Laura Dern et la chanteuse dévergondée jouée par Isabella Rosselini), Lost Highway,(Renée la brune et Alice la blonde, toutes deux campés par Patricia Arquette), Mulholland Drive (ou la dualité se joue sur deux niveaux : Rita / Betty puis Camilla / Diane, respectivement joués par Laura Harring et Naomi Watts) et Eraserhead (Henry Spencer fantasme sur une blondinette vivant dans son radiateur et sur sa voisine, une brune délurée).
Lynch pousse la référence encore plus loin dans Twin Peaks (la série) où Sheryl Lee incarne Laura Palmer et sa cousine Madeleine Ferguson (double référence dans le nom et le prénom renvoyant directement aux personnages d'Hitchcock).

L'incontournable caméo d'Hitchcock

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29 mars 2006 3 29 /03 /mars /2006 18:29
Le premier long métrage de Darren Aronofsky (Requiem for a Dream et prochainement The Fountain) est intéressant à bien des égards. Tourné en 16mm avec un budget dérisoire (60 000 $) et utilisant la technique du black & white reverseal (un noir et blanc sans aucune nuance de gris), π est sorti sur les écrans en 1998 et est loin d'être une oeuvre d'amateur, bien au contraire...


Max Cohen (Sean Gullette), un jeune mathématicien sédentaire vivant reclus dans son appartement avec tout son attirail informatique.

Sujet a des migraines chroniques, il est persuadé que le monde est régit par les mathématiques, notamment les fluctuations boursières qu'il tente de mettre en équation.
Son unique ami et confident, Sol (Mark Margolis), mathématicien à la retraite qui a passé sa vie à tenter de découvrir une séquence au nombre π, lui conseille de ne pas approfondir ces recherches. En effet, Max est très vite convoité par les pontes de Wall Street, ainsi que par une communauté de juifs orthodoxes voulant percer le mystère de la Cabale.

Sol et Max en pleine partie de Go

Entre trahison et faux-semblants, Max ne sait plus vraiment à qui se fier et sombre peu à peu dans la folie... et si tout ça n'était que le fruit de sa paranoïa ou d'une simple surchauffe de son cerveau de plus en plus dérangé ?

Max et sa modeste calculatrice

Pour ce coup d'essai (qui s'avère être un vrai coup de maître), Aronofsky a été fortement influencé par deux premières oeuvres de deux metteurs en scènes aujourd'hui reconnus : Eraserhead de David Lynch et Tetsuo de Shinya Tsukamoto. D'ailleurs, lors de ma première vision de π, mes impressions furent pratiquement identiques à celles de ma première expérience sur les deux autres films : un certain désappointement et un avis assez négatif.

Il n'y a pas de quoi se couper les cheveux en quatre...

Il faut dire qu'à la base, moi-même amateur de chiffres, le synopsis m'avait bien emballé et je pensais avoir affaire à un bon thriller mathématique d'une logique implacable où tout s'emboîte parfaitement. Evidemment le film est tout sauf logique, les recherches de Max, la spirale d'or, la séquence : tout ça n'est qu'un leurre pour mener en bateau le spectateur et lui balancer en pleine face la folie du héros et sa vision paranoïaque du monde qui l'entoure, à l'instar d'Henry Spencer dans Eraserhead (dans une moindre mesure évidemment).
Tout comme ce dernier, ce n'est donc qu'à la seconde vision que j'ai vraiment découvert π et ses nombreuses qualités. La virtuosité d'Aronofsky éclipse totalement le manque de moyen, le montage donne un rythme assez soutenu (on y aperçoit déjà les prémices de Requiem For A Dream dans les jump cut, lors des scènes où Max ingurgite ses cachets par exemple) et l'intrigue est suffisamment prenante pour ne pas subir les 1h20 de pellicule, à conditions de se laisser guider et de ne pas chercher d'interprétation avant d'avoir bien digérer le film car plus le film avance, plus les mystères et autres bizarreries (la scène du cerveau dans la station de métro !!!) se succèdent sans forcément apporter de réponses (du moins en apparence) jusqu'au final... assez surprenant.

Max chez les cabalistes

Le film a obtenu le prix de la mise en scène au festival de Sundance en 1998 et a remporté 3,5 millions de dollars au box-office américain (soit pratiquement 60 fois sont budget initial).

Aronofsky confirmera son talent sur Requiem For a Dream, adapté du roman Hubert Selby Jr., beaucoup plus abordable que π mais tout aussi dérangeant (si ce n'est plus). En attendant The Fountain dont les premières images attisent mon impatience, gageons que le cinéaste est déjà une valeur sure du cinéma indépendant américain.

Une nouvelle méthode de piercing...

A noter un article de mon ami sebolavit sur le nombre π qui n'a absolument rien à voir avec le film mais, étant donné qu'on est en plein dans le sujet, j'en profite.

Bon, sur ce, je vais me résoudre deux/trois équations différentielles... (non n'insistez pas, je ne vous ferais pas le coup du "je vais faire ππ")


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22 mars 2006 3 22 /03 /mars /2006 17:59

Enfermés Dehors, le prochain film d'Albert Dupontel est un véritable événement pour ma part. En effet, appréciant particulièrement le bonhomme depuis ses débuts sur scène, l'attente (huit ans !) depuis Le Créateur, sa précédente réalisation, fut sévèrement éprouvante. Si bien que lorsque la possibilité m'est offerte d'assister à une avant-première en présence de l'auteur, 15 jours avant sa sortie officielle, je ne réfléchis pas une seconde !
Me voici donc en ce mardi 21 mars 2006, à l'UGC Ciné Cité de Lyon, aux premières loges pour assister au film que j'attends depuis des années.


Il y a donc à la base de fortes probabilités de déception, mais je reste confiant.

D'autant plus que le synopsis semble particulièrement alléchant :

Un SDF trouve un uniforme de police et va s'en servir pour manger à la cantine, puis va prendre conscience du respect qu'il impose dans sa nouvelle tenue et du pouvoir qu'il peut exploiter : à des fins humanitaires visant à améliorer le quotidien de ses compagnons de galère mais également pour lui permettre de séduire la femme de ses rêves, tout d'abord fantasme sur une affiche publicitaire pour téléphone rose, puis en chair et en os lorsque notre héros la croise au poste de police.

Le film commence... assez bizarrement je dois dire. Les premières minutes m'ont un peu déroutées par la quasi-absence de dialogues chez le personnage campé par Dupontel. Ce détail ne manqua pas de m'inquiéter légèrement pour la suite du métrage, surtout en me remémorant les monologues mythiques de Bernie et du Créateur.
Mais dès lors que le personnage revêt l'uniforme, (c'est à dire très tôt dans le film) il va commencer à s'exprimer fréquemment pour le plus grand bonheur de tous, son statut apparent lui permettant de s'affirmer enfin, lui qui évoluait jusqu'alors dans l'indifférence de tous.
Bien entendu, notre homme va se mettre dans des situations aussi rocambolesques qu'invraisemblables, s'enchaînant à un rythme frénétique. Le personnage nous renvoie à Bernie de part sa naïveté et sa folie, mais également à d'autres univers comme ceux de Chaplin, de Keaton et de Tex Avery pour le côté visuel (quand Dupontel affirme que son film est un "cartoon social", le terme est loin d'être galvaudé).


Le tout donne un excellent patchwork organisé et réglé au millimètre près enchaînant humour et action à travers des scènes hilarantes (Hard Trapèze 2, la reconstitution du commissariat dans le squat, les shoots à la colle provoquant des hallucinations délirantes et autres running gags que je vous laisse découvrir) et un héros aussi solide que Vil Coyote (on ne compte plus les chutes, les poteaux ou les murs pris de plein fouet et autre armoire métallique ayant la facheuse tendance à lui tomber sur la tronche).
Les autres acteurs s'en donne également à coeur joie : Claude Perron tentant de récupérer sa fille des griffes de ses beaux-parents (Hélène Vincent et Roland Bertin) à qui il manque visiblement quelques neurones, Nicolas Marié et Philippe Uchan en banquiers sans scrupules en affaire avec Gilles Gaston-Dreyfus, s'exprimant de son lit d'hôpital avec les bips de son électrocardiogramme, Yolande Moreau et Bruno Lochet en SDF, ainsi que les caméos de Gustave Kervern et Jackie Berroyer et une apparition monthypythonesque de Terry Gilliam et Terry Jones.
Le tout est transcendé par le score de Noir Désir (le groupe avait déjà travaillé sur Bernie) et par la mise en scène de l'ami Albert, qui nous démontre une fois de plus son amour pour la caméra en non balançant des plans de dingues et assez inédits dans le domaine de la comédie.

Le générique de fin terminé, Albert Dupontel, accompagné de la délicieuse Claude Perron et de Philippe Uchan, ont été accueillis sous les acclamations du public lyonnais et se sont prêtés au jeu des questions réponses.
On a donc appris que le projet devait initialement se monter aux Etats-Unis, avec des producteurs et des comédiens américains, que le titre du film n'est en aucun cas une référence à une réplique de La Haine de Mathieu Kassovitz, que M. Dupontel a assumé la totalité des cascades, que son prochain projet est d'hors et déjà en cours d'écriture et autres anecdotes autour du film.


Albert Dupontel, Claude Perron et Philippe Uchan


Bref, beaucoup moins trash et pessimiste que les deux premiers opus de Dupontel (comédies noires dans lesquelles, on suit la descente aux enfers du héros, jusqu'à atteindre un point de non-retour), Enfermés Dehors est une oeuvre brillante et probablement un tournant dans la carrière de metteur en scène de l'acteur (personnellement cela faisait des années que je n'avais pas ri aux éclats dans une salle obscure). Espérons que le public suive et que le film fasse une carrière honorable... en tout cas j'y retournerai à coup sur le 5 avril !

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